Lorsque, le 24 mars, la demoiselle CLERMONTHE déclare son fils à l'état-civil de Pointe à Pitre, elle ne lui donne que deux prénoms, JOSEPH HENRY. CLERMONTHE n'est pas encore devenu le patronyme de la famille et on conserve les habitudes héritées de l'esclavage. Sur les tablettes décennales, c'est bien sur ces prénoms que s'effectue le classement, ce qui a quelque peu ralenti notre recherche (voir acte).


Le 1er octobre 1861, Joseph Henry CLERMONTHE est inscrit sous le n° 2115 en Première Année de l'Ecole des Arts et Métiers d'Angers. Cette école accueille chaque année plusieurs enfants originaires des "colonies" dont les études sont en partie financées par des bourses de la "Marine" (Dossier 64 Alpha, Archives Départementales du Maine & Loire).
Joseph Henry en sort, diplômé des Arts et Métiers, le 13 août 1864.

Il entre alors dans une école privée, l'Institution DUVIGNEAU de LANNEAU, 17 rue de Rennes, à Paris, pour y préparer l'entrée à l'Ecole Centrale (voir document).
Il rate le concours d'entrée de 1865. Il s'inscrit de nouveau au concours d'entrée le 10 juillet 1866 mais "une affaire importante" l'oblige à se rendre dans sa famille aussi, par lettre du 31 juillet, il demande le report de son inscription au concours pour la seconde session. A notre connaissance, ce sera son dernier voyage aux îles.
Il rate de nouveau le concours d'entrée en octobre 1866 mais le réussit enfin en 1867.

Depuis la première candidature, en 1865, les archives de l'Ecole Centrale nous ont permis de consulter tout le dossier scolaire, y compris les lettres d'inscription ou de report.
Là, nous constatons que le chef de famille mentionné est M. PIETON, présenté comme "beau-père" de Joseph Henry, négociant (parfois "industriel dans le sucre") à Pointe à Pitre (voir document).



A la fin de l'année scolaire, Joseph Henry CLERMONTHE obtient son diplôme de l'Ecole Centrale (spécialité Mécanicien) (voir document).
Il entre aux Chemins de fers du Nord et prend son premier poste comme Chef de Section à Compiègne. Où sa carrière se poursuit-elle? Peut-être à Laon où ses enfants seront au lycée? Puis à Bourg la Reine ou Versailles?



Le 17 novembre, à Chalons sur Marne, Maître Jolly établit un contrat de mariage entre Joseph Henry et Marie MARSON.
Joseph Henry habite alors 43 rue des Rosiers à Paris et n'apporte aucun bien dans la communauté.
Marie MARSON apporte "250 F de rentes à 5% sur l'Etat Français en dix coupures dont une de 50 F n° 236995, cinq de 30F n° 242001, 242002, 254262, 269318 et 287347; deux de 20F n° 24620 et 332109 et deux de 5F N° 33369 et 498340, jouissance du 16 courant"; "95 F de rentes à 3% sur l'Etat Français en quatre coupures dont une de 50 F n° 59979, deux de 20F N° 79438 et 79439 et une de 5F N° 19751, jouissance au 1er octobre dernier"; 5 actions de la Compagnie des Chemins de Fer du Midi N° 138877, 217529, 223922, 207984 et 297989, jouissance du 1er juillet dernier"; "2 actions des la Compagnie des Chemins de Fer de Paris à Orléans N° 389478 et 389479, jouissance du 1er octobre dernier"; "15 obligations de la Compagnie des Chemins de Fer de l'Est de 500F chacune à 3% n° 1112243 à 1112257, jouissance du 1er juin dernier" et "10 obligations domaniales d'Autriche de 300F chacune, visées pour timbre à Paris le 7 mars 1868 et portant les n° 63976, 181182 à 181188, 29049 et 290070, jouissance du 1er septembre dernier".

Le 19 novembre, le mariage est célébré à Chalons.
Joseph Henry habite désormais 22, rue de Beaune Paris 7.
Son témoin est Louis Eugène PIETON, présenté comme son frère utérin (voir acte).


Le 19 mars 1875, naît Eugène Maurice Louis CLERMONTHE (prénom usuel LOUIS), à Paris 9.
Louis Eugène PIETON est de nouveau témoin de cet événement (voir acte).


  • Si Joseph Henry débarque à 16 ans en France avec des bourses de la Marine, où a-t-il été scolarisé en Guadeloupe ?

  • On peut s'interroger sur les raisons qui amènent Joseph Henry à épouser une champenoise, lui qui arrive de Guadeloupe, via Angers et Paris.
    En fait, l'histoire de la famille PIETON peut apporter une réponse : Eugène PIETON, le "beau-père", est natif de la région d'Epernay et plusieurs de ses frères ou oncles ont essaimé vers Chalons.
    D'autre part, cécile Eugénie PIETON, fille héritière d'Eugéne, selon son testament, est dite "veuve François CESTIA", un nom de famille aujourd'hui encore présent à Epernay. C'est peut-être à l'occasion d'une visite à sa "belle famile" que Josepf Henry rencontre Marie MARSON.

  • Comment reconstituer la carrière de Joseph Henry aux Chemins de fers ? Il ne semble pas y avoir de dossier à ce nom aux des Archives du Monde du Travail à Roubaix (fonds 48 et 202 AQ, Compagnie des Chemins de Fer du Nord).

  • Le décès de l'enfant EDOUARD PIETON, à 14 ans, à Angers, pose d'une nouvelle manière la question de la scolarisation de ses enfants, dont Joseph Henry CLERMONTHE. En effet, nous partions de l'hypothèse que Joseph Henry était arrivé à 16 ans à Angers pour entrer à Arts et Métiers et nous nous interrogions sur sa scolarisation à la Guadeloupe avant cette date. Le décès d'Edouard en métropole à 14 ans nous fait émettre l'idée que les enfants sont peut être envoyés très jeunes à Angers pour y effectuer Toute leur scolarité. A ce moment là, Joseph Henry aurait passé fort peu de temps en Guadeloupe et près de sa mère, ce qui pourrait expliquer son peu de désir de retourner aux Antilles par la suite.

Génération précédente   Génération suivante