L'acte de décès d'Eugène Hubert PIETON ne précise que son lieu de naissance et le nom de ses parents. La date exacte est inscrite sur sa tombe à Pointe à Pitre. Il est le fils de Jean-BaptisteEdouard PIETON et de Antoinette LAMAIRESSE.
Nous avons bien retrouvé mention de ses parents et de ses frères dans l'état-civil d'Epernay, mais pas lui.


Le première apparition de Eugène PIETON en Guadeloupe est sa mention en qualité de témoin sur l'acte de naissance de Joseph Henry CLERMONTHE, le 24 mars 1845. Il a 30 ans, et est négociant.

Il est encore présent auprès de Louise CLERMONTHE le 26 juin 1847, pour la naissance de Louis Eugène.



PIETON acquiert une maison rue Henri IV le 22 mars 1848, devant Me Jean François GUILLOD, de la demoiselle FANNY JACQUES.
L'acte d'achat de la rue Henri IV nous apprend qu'il s'agit d'un terrain de 5m de façade sur 24m de profondeur sur lequel est bâtie une maison avec un seul étage et un galetas, bordée, à l'ouest semble-t'il, par le rue Henri IV. Les noms des propriétaires mitoyens sont difficiles à lire.
En 1818 les terrains de la succession Claude Nicolas NASSAU sont adjugés au sieur Pascal SIGNOD (?) qui les revends à Pierre COUSTERES (?) devant Me NOIRTIN (27 février 1819).
DUBREUILH les acquiert à son tour (devant Me NOIRTIN) en 1820 et 1821. Le 17 avril 1844, Pierre DUBREUILH vend à Jean DESIR le terrain nu.
Jean DESIR fait construire par l'entreprise TRONCHET mais ne paye pas les travaux. TRONCHET a donc fait procéder à la liquidation du bien.
FANNY JACQUES en devient alors propriétaire.



Le 4 juin 1850, devant Me THIONVILLE, Eugène PIETON acquiert de Henri Amand SUAU, ancien courtier de commerce, une "petite habitation vivrière, dite Saint Jean, située commune de petit Bourg, de la contenance de deux hectares quatre-vingt-quatre ares et quatre-vingt huit centiares environ, tenant au nord au chemin des hauteurs et aux terres de M. BOYER L'ETANG; au sud, à celles de M. COLAS Richard; à l'est aux mêmes terres, et enfin à l'ouest, aux terres du dit sieur BOYER l'ETANG. Il la paye 2800 F (voir acte).
SUAU en est propriétaire depuis le 21 févier 1841 (Me JOHANNETON). Il la tenait de MM. Joseph Toussaint BENET fils (négociant), Louis BARBE (négociant), Pierre BRANC (gabarrier ?), ? Henri SIMONIN (négociant) et Louis BUFFREUIL (courtier de commerce), co-propriétaires.
Ces derniers l'avaient achetée au Docteur Pierre Guillaume AUBERT et à son épouse Marie E. ROUSSEL pour 1400 F. Eux même l'ayant acquise au Dr Jean-Baptiste RICARD MADINNA (???) le 14 juin 1823 (Me DESBONNE).
Auparavant, elle était propriété de Ignace PACHOT depuis 1819 (pour 1081,08 Francs !)



Le 15 septembre 1858 (acte de Me Auguste Thionville) il a acquis une partie de la plantation BEL AIR (et son annexe GOUPILLON ou GOUPILLAU) de M. Charles Félix DURAND.
L'autre partie a été acquise le 11 avril 1860 suite à l'adjudication des biens de Mme Anne Amélie LEBORGNE CLERMONT épouse séparée de M. William de VERDIER (acte de Me Thionville).



Eugène PIETON est actionnaire de la Compagnie Sucrière de la Pointe à Pitre (usine Darbousier) à partir de 1867, date de la création (source : Christian SCHNACKENBOURG).
De 1867 à 1869, il possède 74 actions de 500 F. Il ne semble pas en avoir de 1870 à 1872 mais en possède 114 de 1873 à 1874 et 98 de 1875 à 1879.

Il intervient au cours de 2 Assemblées Générales :
- le 26 février 1874, pour se plaindre de l'insuffisance des dividendes distribués depuis la création de la société;
- le 30 mars 1875, pour interroger le gérant sur les relations avec le commissionnaire métropolitain chargé de la vente des sucres.


L'acte d'état-civil n° 220 en date du 27 juillet porte reconnaissance en paternité de "Louis Eugène Clermont CLERMONTHE, né le 21 juin 1847, fils de CLERMONTHE ROUIL, dite Louise, par Eugène PIETON, négociant, 55 ans".
Le même jour PIETON, Egène reconnaît également quatre autres enfants, fait à une demoiselle Modestine ACQUART.



Eugène PIETON décède le 1er octobre 1880 à PETIT BOURG sur l'habitation de La Crapaudine (?)
Il est alors propriétaire de la plantation sur laquelle il trouve la mort et de la plantation BEL AIR (et son annexe GOUPILLON ou GOUPILLAU).
Il est inhumé en haut du cimetière de Pointe à Pitre (tombe n°82) (lien avec photo), en compagnie de Modestine ACQUART et d'un de ses fils, Edouard, mort à 14 ans à Angers.
Ce caveau est un très beau monument à quelques dizaines de mètres de celui de CLERMONTHE.
A son décès, ses biens sont partagés entre Modestine ACQUART, sa veuve, Cécile Eugénie PIETON (veuve François CESTIA), sa fille, Charles Emmanuel Saint Clair PIETON et Paul Albert PIETON, ses fils, Louis Eugène CLERMOUTH (sic) PIETON, fils adoptif.
L'acte de vente de la propriété BEL AIR (190 ha) à la Compagnie Sucrière de Pointe à Pitre date de 1901 (archives notariales de Guadeloupe, archives Louis GUILLIOD, 29 mars 1901).


  • Pour savoir s'il reconnait Joseph Henry CLERMONTHE consulter les "Jugements sur Requête" du tribunal de Pointe à Pitre Selon toute vraisemblance, il ne le reconnaît pas car certains actes de succession (voir ci-dessus) ne le mentionnent pas.
    Pourquoi donc lui payer de longues études alors que Joseph Henry n'y semble pas particulièrement réussir (il rate trois fois l'entrée à Centrale)?

  • La CRAPAUDINE (ou CRAPAUDIERE) semble correspondre à ce qui est aujourd'hui le quartier CARRERE à Petit Bourg. Il n'y a plus de plantation mais un ensemble résidentiel.
    Carrère est situé au sud de Petit Bourg, après la rivière Moustique, à côté de Montebello et de sa rhumerie. Plus haut, on trouve, sur les crêtes, un " Morne Bel Air ". A-t'-il un rapport avec la plantation " Bel Air " que possédait PIETON ?
    Une autre possibilité (meilleure) est le lieu-dit " Bel Air de Rosières " car, après la mort de PIETON, la plantation est devenue propriété de Adolphe SIDAMBAROM, puis, en 1899, de Charles Jean Baptiste de ROSIERES qui la cédera à la Compagnie Sucrière de Pointe à Pitre (E. SOUQUES & Co) en 1901.

  • Où se situe la Maison de la Rue Henri IV à Pointe à Pitre?

  • Où se situe l'habitation Saint Jean, à Petit Bourg ?

  • Que sont devenus les enfants de Modestine ?

  • Le décès de l'enfant EDOUARD PIETON, à 14 ans, à Angers, pose d'une nouvelle manière la question de la scolarisation de ses enfants, dont Joseph Henry CLERMONTHE. En effet, nous partions de l'hypothèse que Joseph Henry était arrivé à 16 ans à Angers pour entrer à Arts et Métiers et nous nous interrogions sur sa scolarisation à la Guadeloupe avant cette date. Le décès d'Edouard en métropole à 14 ans nous fait émettre l'idée que les enfants sont peut être envoyés très jeunes à Angers pour y effectuer Toute leur scolarité. A ce moment là, Joseph Henry aurait passé fort peu de temps en Guadeloupe et près de sa mère, ce qui pourrait expliquer son peu de désir de retourner aux Antilles par la suite.


CLERMONTHE Joseph Henry CLERMONTHE