Né le 21 juin 1909 à Versailles, André CLERMONTHE connaît une enfance aisée.
La famille dispose d'une résidence secondaire, la villa "Les Ratons", à Saint Brévin (Loire Atlantique), dans laquelle la famille passe de longues vacances d'été.
André y dispose d'une préceptrice, Melle PERSON qui, en 1914, lui apprend à écrire.
Le 25 octobre 1914, à cause de la guerre, Antoinette, son beau-père Joseph Henry et les enfants sont encore à Saint Brévin. C'est l'occasion pour André d'écrire l'une de ses premières lettres à son père. Il y fait preuve d'un caractère déjà affirmé pendant que les concours de plage lui permettent d'affirmer un certain goût artistique puisqu'il remporte un concours de sable avec un magnifique chien sculpté.
Mais, le 4 mars 1917, Louis, son père, met fin à ses jours et à cette vie facile. André, aîné de la famille devra rapidement arrêter ses études pour aider sa mère à élever ses trois sœurs.
Il gardera de cette éducation assez stricte une grande méticulosité, ce qui l'amène a tenir un compte-rendu quotidien de ses activités les plus futiles. De nombreux agendas nous sont parvenus, qui couvrent la période 1929-1940, ornés parfois de beaux croquis de ses amis.
Il travaillera dès 15 ans 1/2 (mention dans une lettre de sa mère du 25 décembre 1929). Mais la situation de la famille sera toujours très délicate ce qui transparaît dans de nombreuses lettres de sa mère : "Je te dis cela pour que tu te rendes compte et que tu songes à m'aider un peu quand tu reviendras du régiment" (24 mars 1930).
Il n'en continuera pas moins à fréquenter les mêmes amis, aux premiers rangs desquels André Charles BUISSON, son voisin du 8 rue de l'Orangerie, cousin de André TARDIEU (Président du Conseil). Tous deux se considèrent comme des frères et ont un échange épistolaire fourni, parfois très intime dont, malheureusement, nous n'avons consulté que les réponses de BUISSON.
En 1929, la famille habite encore rue de l'Orangerie.
André part faire son service militaire au 71ème Régiment d'Infanterie, à Guingamp.
En 1931, André trouve certainement du travail car sa tante écrit à sa mère : "je suis ravie de ce que tu nous dit d'André. Te voilà débarrassée d'un gros souci !! Il était impossible que ce gentil garçon ne tourne pas bien, un jour ou l'autre. Le voilà donc en bon chemin".
Le jeune homme reste néanmoins indépendant de sa famille. Il habite 5 rue Porte de Buc, puis 29 rue du Sud, à Versailles. C'est peut être cela qui justifie un refus d'allocation militaire au motif que "l'appelé n'est pas le soutien indispensable de sa famille" (27 juin 1933).
En 1933, il effectue une période de réserve, toujours au 71ème R.I, mais à Coëtquidan.
Le 8 mars 1933, la Compagnie SINGER lui délivre une carte de "placier encaisseur" pour sa succursale de Versailles, 15 rue du Maréchal Foch.
C'est aussi cette année qu'il rencontre Suzanne KUHN. Du moins si c'est elle qui se cache derrière les initiales S.K mentionnées par André BUISSON dans un courrier. En tout cas, une première lettre signée Suzanne date du 10 septembre 1933.
Le 14 octobre, il est nommé Caporal de réserve.
En 1937, André s'installe à Paris, 137 rue Lamarck.
Son oncle, le Dr Henri CLERMONTHE, qui fait un peu fonction de tuteur, est installé tout près : 15 rue Damrémont.
André travaille alors dans l'entreprise LAVALETTE (électricité et moteurs automobile), à Saint Ouen.
Il est titulaire de la carte n°1509355 de la CGT (fédération des Dessinateurs, Techniciens et assimilés). Cette adhésion est renouvelée, au mois, en janvier et février 1938.
La vie parisienne a toujours attiré André qui fréquente beaucoup le monde du spectacle. Dans son carnet d'adresse, on trouve les coordonnées de Charles TRENET qui habite à deux pas de la rue Lamarck.
Marie DUBAS lui fait une chaude dédicace à l'occasion d'un spectacle où l'on retrouve un jeune fantaisiste débutant : Jacques TATI.
Plus tard, ami de l'acteur Maurice ESCANDE, André aura l'occasion de faire de la figuration dans "L'étrange Madame X" de Jean GREMILLON (1950) avec Michèle MORGAN.
En 1939, il adhère à la CSPF (Confédération des Syndicats Professionnels Français) sous le matricule n° 402108. Il en est même délégué du secteur automobile pour la région parisienne (carte n°1824).
Adrienne et les filles s'installent 41 rue de la paroisse, dans l'appartement qu'elles garderont jusqu'à la fin et ou vont s'entasser nombre des papiers sur lesquels s'appuie cette histoire.
André, est mobilisé à Rennes.
Le 6 avril 1940, André, sergent au 2ème RI reçoit une citation à l'ordre de l'Armée.
Blessé ensuite, il sera évacué sur Montauban, puis Agen avant d'être démobilisé.
Il s'installe alors à Paris, avec Suzanne et reprend son travail.
Jean Louis naît en 1943.
En 1945, il est toujours chez LAVALETTE, cette entreprise étant commercialement liée avec l'entreprise BOSCH bien avant guerre, André sera amené à faire de nombreux déplacements dans l'Allemagne occupée.
Cette année là, il apprend peut-être quelques chose sur ses racines Antillaises puisqu'il note dans son agenda : "aller à Pointe-à-Pitre" (29 juillet), puis "voir Tonton (Guadeloupe)" (26 septembre). A-t'il appris quelques chose ou ce projet est-il resté en suspens ? En tous cas il ne semblait pas avoir de souvenir à ce sujet à la fin de sa vie et il n'a jamais fait le voyage.
Martine, leur second enfant, naît le 26 décembre 1946.
Entre 1948 et 1950, il devient représentant chez STORR, rue Cardinet.
En 1950, il sera, quelques mois, représentant chez DENIS & GANDARD, équipement électrique pour automobiles (rue d'Abbeville).
De 1951 à 1973, il achève sa carrière en qualité de cadre administratif chez PECHINEY. Pour améliorer sa situation sociale, il s'inscrit à la faculté de Droit le 19 octobre 1955 mais nous ignorons s'il a terminé sa Capacité.
Dès la fin de la guerre, la famille se retrouve en vacances à La Bernerie en Retz (Loire Atlantique), non loin de Saint Brévin.
Quelques années plus tard, elle migre vers l'île d'Oleron où elle prend ses habitudes. Après plusieurs saisons en location, André décide d'acquérir un terrain et d'y édifier une maison.
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